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L’Alpi 4000 : 20–26 juin 2026

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Préambule :
Il s’agit de la troisième édition après celle de 2018 et 2022. Et depuis l’édition initial, je caressais l’espoir de pouvoir y participer, les cols italiens m’ont toujours charmé et je rêvais d’y faire face. Je dois aussi révéler que l’enjeu physique me faisait douter de mes capacités d’y figurer et de finir l’épreuve. En effet celle-ci me faisait peur et je pense qu’il y a de quoi… 1310 km et 22 649 m de D+ …. Il y a de quoi effrayer. Pour moi, participer à cette épreuve représente le graal de toutes mes participations à date.
Préparation :
Pour moi 2026 représente une année de rédemption après mes déboires d’aout 2024 à aout 2025 ou j’ai passé 19 jours à l’hôpital dont 9 en Italie avec une septicémie à la clé. J’ai passé un hiver calme à me réparer de mes deux commotions cérébrales de 2025 en suivant des thérapies spécifiques la dessus. J’ai fait comme habituellement beaucoup de renforcement et de gainage à partir du 1 novembre et passer directement du vélo extérieur au vélo intérieur. En janvier j’ai débuté un programme spécifique avec Trainer road, 5 jours semaines, le tout agrémenté de ski de fond, de raquette et fat bike. Je suis donc resté très actif. Ma FTP montera à 272 watt en mars. Mon poids a été bien contrôlé cette année, beaucoup mieux que les autres années. Mes rhinites vasomotrices de début de printemps ont été aussi bien contrôlé, beaucoup mieux que les autres années. Seul l’enjeu du sommeil demeure, depuis la première commotion en Italie, en aout 2024, je n’ai jamais retrouvé un sommeil quantitatif et qualitatif comme auparavant.
Je débute la saison extérieure le 9 et 10 mars avant de débuter directement par un 1200 en Floride : le Golden Falcon. Tout va bien là-bas, même si ce 1200 est quasi plat, il demande d’être toujours en prise de bénéficiant jamais de récupération. De plus le vent durcie l’effort.
En rentrant, je participe à plusieurs 200 ou le vent apporte un ingrédient intéressant à ma préparation printanière. En mai, je fais la flèche avec mes amis et je prends un bon plaisir à passer ces 24 heures ensembles. Fin mai deuxième étage de la fusée, après le Golden Falcon, je participe au 1200 Battle Fields en Virginie, idéal avec son profil très vallonné pour préparer idéalement l’Alpi 4000.
Néanmoins, malgré une bonne première journée, mon mental n’est pas assez fort pour faire face à des conditions climatiques très difficiles, de la pluie sans arrêt pendant les 3 premières journées et des températures qui descendront à 8 degrés. Seulement 3 cyclistes finiront la totalité des 4 journées.
Toujours une remise en question d’éléments moins positifs donne l’occasion de réviser ses aprioris, de s’ajuster et d’accepter la défaite pour s’appuyer sur les prochaines victoires, les défaites font toujours parties des victoires, on ne peut gagner sans parfois faire face à une défaite.
Alors je me concentre sur mes paramètres tels que le rythme cardiaque au repos, la variation de ma fréquence cardiaque afin d’arriver frais le 20 juin, je prends soin de respecter les deux semaines d’affutage avec l’évènement, je réduis considérablement le volume tout en continuant de stimuler le corps par des intervalles à haute intensité. Par ex, je fais un séjour à White face ou je monte et remonte partiellement la montagne afin de trouver un bon rythme de pédalage en montagne, je fais un autre exercice en accumulant les montées autour de Rigaud afin de permettre au corps de s’habituer à la succession de montée et de travailler sur de la récupération incomplète entre chaque effort. Nous partons le 17 juin, nous rejoignons à l’aéroport Marc B, Olivier C, et Michel L. Nous prenons tous le même avion pour Milan. La bonne ambiance règne.
A l’arrivée en Italie, nos amis prennent directement le chemin de Bormio ou se déroulera le départ et aussi l’arrivée. De notre côté Moi et Catherine nous nous dirigeons vers Brescia à 1h30 de Milan ou nous avons nos habitudes à chaque fois que nous allons dans ce beau pays, le lendemain, nous rejoignons nos acolytes à Bormio, nous découvrons alors les belles montagnes qui seront notre décor pour l’’ensemble de notre séjour là-bas.
De suite, nous décidons de découvrir les alentours en vélo, juste une petite sortie de 35 km , tout va bien, le lendemain, nous faisons l’enregistrement et nous sommes bien prêts pour le grand départ du 20 juin entre 7h00 et 8h00 par vague de 25. Nous serons 400 au départ, des cyclistes de partout, je retrouve de veilles connaissances de cyclistes ayant déjà partager les mêmes aventures que moi. C’est fabuleux.
Le parcours
On part de Bormio, on se dirige de suite vers le nord ouest , direction la Suisse pour une première étape difficile de 57 km et 2059 de D+ qui nous mène en haut du col de Bernina. Par la suite descente sur St Moritz en Suisse et direction le lac de Come, le contrôle se trouve après une montée abrupte de 9 km, Nous poursuivons vers Milan que nous traversons, direction Gorgonzola, patrie du célèbre fromage. . On remonte vers Bergame, le long du lac Iseo pour se réapproprier de nouveau les hautes montagne nous menant aux cols de Vivione et du célèbre Mortirolo, retour sur Bormio qui finalise la première boucle de 580 km et 9143 m de D+. la deuxième boucle débute fort par le col du Gavia (plus de 25 km de montée à plus de 2600 m) puis le col du Tonale, on se dirige vers l’est direction Trento puis le sud pour l’entrée dans les Dolomites (Patrimoine Mondial de l’Unesco) remontée sur Cortina et le Tyrol ou la langue germanique est principale ( ancienne région contrôlée par les Autrichiens) , 3 gros cols dans les Dolomites au-dessus de 2000 m. On s’approche de la frontière Autrichienne pour virer vers l’ouest et finir le parcours par le célèbre Stelvio, 2758 mètres et ses 24 km d’ascensions, le toit du parcours, et on finit par sa descente sur Bormio. Un parcours de rêve, des paysages à couper le souffle. Ouah. J’ai hâte.
Mon Vélo
J’utilise mon Wilier, avec des roues Corima à faible profil. Des roues parfaites pour la montagne, j’ai ajusté ma position dernièrement, j’ai pu la valider et je suis confiant. J’ai à l’avant un 52 ‑36 pour un 11- 34 (11 v) à l’arrière. Je roule en tube. Coté alimentation, mes bidons sont alimentés par de la malto-dextrine (1 dose) et de dextrine cyclique (2 doses). Je prévois d’utiliser des barres énergétiques et autre gel ou jujubes à chaque 50 km si absente de ravitaillement. Mes pneus sont des Vittoria Rubino 25 (moins fragile que les corsa) la pression à l’avant est de 65 psi et 68 psi à l’arrière. Je porterai comme mes amis le kit CVRQ au départ, pour finir avec le kit de Randonneur Canada (PBP 2023).
Objectif et stratégie
L’objectif est de finir, c’est le premier objectif, l’organisation compte tenu du dénivelé nous donne un délai de 145 heures soir donc de finir le 26 juin à 10 heures. Le deuxième objectif est de finir le 24 soit moins de 5 jours et secrètement je vise 100 heures.
Je planifie de m’arrêter pour le premier dodo au km 380 puis de revenir à Bormio rejoindre le AirBnN ou Catherine se trouve. Repartir pour la journée 3 pour Feltre (km 880) ou Catherine a loué une chambre et finir le reste le jour 4 avec une option d’arrêt dodo à 234 km de l’arrivée dans un contrôle. Le but est d’éviter de monter les cols de nuit surtout ceux au-dessus de 2000m, les conditions climatiques pourraient être très difficiles (froid, gel,et même neige), le but est aussi de répartir l’effort avec de belles périodes de récup alternant les nuits aux contrôles et les nuits dans un vrai lits et tout le confort. C’est la théorie, la pratique ne se passe pas toujours ainsi, très rarement ainsi…
Mon aventure
Jour 1: Bormio-Gorgonzola 328km-14h33-4142 m D+
Je pars avec Marc à 7 h12, de suite la route se cabre, c’est juste un début après quelques kms, nous faisons face à la première montée véritable de 12 km et c’est parti. Mes sensations sont bonnes, j’appréhende la succession des efforts et je ne m’enthousiasme pas, je suis content, je découvre des décors nouveaux et nous voila déjà en Suisse, super belle route. Je me découvre avoir peur en descente, j’ai constamment les mains sur les freins, pas à l’aise, pourtant la route est large, mais bon, je reste concentré. Rapidement je suis seul. Un groupe me rejoint peu avant de repasser en Italie. La température monte et monte encore pour dépasser les 35 degrés. Lorsque nous quittons le bord du Lac de Come pour monter 9 km, je ressens un bon coup de moins bien, la chaleur m’écrase, en haut le contrôle, des fruits, de la pizza, du coke à volonté des dessert italien appelé ‘’crostata ‘’ ( fait de pates sablés avec confiture….parfait) . Les contrôles sont parfaits et très
accueillants. Super organisation à date. Je reprends de l’énergie et je file par la suite jusqu’à Milan, que nous traversons un samedi soir, noir de monde, pas très sécuritaire en fait . Je ne suis pas fan du tout. On perd du temps, c’est dangereux et évidemment on ne prend pas le temps d’apprécier le tout.
J’arrive à Gorgonzola après 11 heure le soir, le temps de se doucher, bien manger et recharger le Wahoo et dodo il est exactement minuit 17. Le dortoir est parfait.
Jour 2 : Gorgonzola-Bormio : 269.4 km–15h42-5001 m D+
Après 3h20 de sommeil dont 10 minutes de sommeil profond (vraiment pas beaucoup) je me réveille et me lève à 3h53. Je me prépare rapidement et je pars sur mon vélo, il est 4h31 et il fait déjà 22 degrés, direction le prochain contrôle distant de 57 km, certainement l’étape la plus facile du parcours, on remonte sur le nord, on aperçoit déjà les premiers sommets des Alpes, tout est ok. Par la suite, je rejoins
la prochaine étape de 88 km avec 1951 m de D+, plus la même chose, on longe le magnifique lac d’Iseo et les montées commencent comme la chaleur d’ailleurs. Il n’y a pas d’ombre, et je surveille les fontaines de façon régulière pour m’arroser tellement la chaleur monte vite. Il est 11 heure et il fait déjà 30 degrés. Le col est long, pas difficile. Plus de 20 km et en haut il fait 35 …. Je ressens la chaleur on descend en forêt…Yes…. Et débute le merveilleux col de Vivone (mon coup de cœur) , après 3 km, vient le contrôle, je reprends mes esprits, je repars bien et on monte ce col de bonne façon, la route est très étroite et le paysage est magnifique, l’étape est longue 119 km avec 2091 m de D+. En plus du Vivione, on escalade le célèbre Mortirolo par le coté le plus long (35 km ) mais aussi le plus facile….Dans la descente, je m’accorde une petite sieste, et au bas du Mortirolo, je retrouve quelques cyclistes, toujours agréable que l’on ne soit pas toujours seul…. Sur le Haut la température est très agréable, mais il pleut, pas un déluge mais suffisant pour enfiler l’imperméable. Quelques photos sont prises en haut du Mortirolo en haut devant la stèle soulignant le sommet. Une magnifique descente très technique suit et je me retrouve dans la vallée en direction de Bormio qui finalise la première boucle de 597 km et 9143 m de D+, je me sens bien et j’arrive au contrôle à 22 h00 et au chalet à 23 h00 ou je rejoins Catherine. Une bonne douche et dodo.
Jour 3: Bormio – Levico Terme: 222.03 km-13h08- 4796m D+
Je repars à 6h19 du chalet à Bormio, je dois dire que l’envi de rester au lit m’a vraiment traversé l’esprit, c’est aussi le danger de revenir vers un confort et de se faire violence pour se remettre en route. Mais je prends la bonne décision, pour débuter la journée par le célèbre Gavia tout de suite dès le départ , et c’est parti pour 25,6 km 1404 m de montée pour arrive à 2622 m. Tout est ok pour moi, il fait 14 degrés en bas et 20 en haut, avant 9h00. Je monte le Gavia à 10.6 km par heure. Tout est ok. La descente est technique, on passe par des routes très étroite et on traverse même un tunnel non éclairé, pas du tout une descente pour les autos…
Aussitôt, la descente terminée, on débute le col suivant le tonale, très régulier, 10.9 km et 649 m de D+. puis une belle descente, on poursuit sur une piste cyclable à travers des vergers, la chaleur monte et je commence à ventiler pas mal, J’arrive finalement au contrôle 126 km après Bormio à 14 h30, il fait 39 degrés, j’arrête 1h15 pour bien relaxer et refroidir le moteur. Et on est reparti, le parcours se dirige vers Trento avec des paysages toujours type ‘’carte postal’’ avec des montagnes moins hautes, mais des gorges profondes ou des lacs de toute beauté.
Après Trento, le relief devient moins difficile, en soirée, le ciel s’assombrit. Mon but est d’arriver à Feltre ou Catherine a réservé une chambre. Ce qui devait arriver…il me reste 60 km et le vent devient excessivement violent, je sens que les premières gouttes apparaissent, je vais me faire mouiller, c’est certain.
Juste le temps de trouver un abri dans un parc pour enfant, et le déluge démarre, j’ai eu chaud…. Je suis bien protégé et il me reste 2 h30 pour rejoindre le prochain contrôle, et il est près de 22 heures…. D’autres cyclistes me rejoignent dans l’abri, on a assez de places, j’installe 4 chaises de façon à avoir la possibilité de m’allonger, pas très confortable, mais bon, c’est beaucoup mieux de se trouver sous l’orage violent qui sévit dehors.
Jour 4 :Levico Terme-Rocca Pietore : 264.72 km-14h42-3951 m D+
Les trois cyclistes qui étaient avec moi dans l’abri décident de partir au cœur de la nuit, de mon coté je reste dans l’abri et je « clip on » à 5h12, il fait 15 degrés, la parcours suit une vallée pour rejoindre Feltre à 9 h00. Je passe au contrôle avant de rejoindre Catherine à sa chambre, une bonne douche, de nouveaux vêtements et je repars moins d’une heure plus tard, direction le nord et les Dolomites, la chaleur est encore présente 35 degrès au cours de la journée , l’altitude fait en sorte que la température baisse pour la deuxième partie de la journée. Cela devient très confortable, Avec le lac Misurina je descends sur Cortina, lieu des JO cette hiver, super beau paysage, tout va bien pour moi, et j’escalade le dernier col de la journée à la sortir de Cortina le Falzarego à 2104 m. Je finis la montée de nuit, une belle descente de nuit et arrivée au contrôle à Rocco Pietore en débutant déjà le col Fedaia qui se poursuivra le lendemain. Il est proche de minuit. Au contrôle, le service est pitoyable. Je n’ai pas l’impression que les cyclistes soient les bienvenus. Nous dérangeons le cuistos pour nous préparer un sandwich et une salade de riz. Par contre la bouff est super bonne. Par la suite, la propreté de la douche est douteuse et le dortoir laisse à désirer, il fait froid et aucune couverture n’est disponible… au matin, rien pour le déjeuner…. Juste un café pour la démarrer la journée avec le col du Fedaia.
Jour 5 :Rocca Pietore-Bormio : 232.8 km-13h00-4139m D+
Le départ pour la dernière journée se fait à 5h40 à 14 degrés, pas une bonne nuit , j’ai eu froid une bonne partie et la durée a été courte, peut être 3 heures ou moins, mais bon les jambes sont encore bonnes pour faire face au Fedaia, le col peut être le plus difficile de l’Alpi, pas le plus long mais les 5 derniers kms sont à 10.4% avec un passage à 18% (8.6% pour les 10 km de la montée en partance du contrôle) . Un col qui a démarré la veille (le contrôle se trouvait à 4 km du bas du col).
Je grimpe avec un groupe, cela est encourageant, les jambes sont bonnes et je rattrape pas mal de cyclistes, je ressens une douleur de plus en plus gênante au périnée,(cela a commencé dès la journée1 avec la chaleur, et un excès de transpiration, le tout agrémenté d’un non changement de vêtement pour les 2 premiers jours et une absence de prise de crême de chamoix….( J’ai fait plus de 30 1200 e je fais encore ce tyre d’erreur)) pour monter ce n’est pas trop dérangeant, mais ailleurs, je fais de plus en plus du bec de selle et je crains de plus en plus avoir une douleur qui se développe aux genoux (en m’asseyant trop à l’avant).
En haut le paysage est toujours merveilleux avec à ma gauche le glacier du Marmolada, une belle descente et je constate que l’architecture change, on ressent clairement l’influence Autrichienne, les maisons sont fleuries, et c’est très agréable de faire du vélo dans ce coin du monde. Je m’arrête dans un bar pour déjeuner 2 gros croissants fourrés de crème de pistache et crème aux noisettes, un régal…. Le tout accompagné un café évidemment…
La température augmente drastiquement, il fera … 44 degrés au maximum de la journée en traversant Merano. Dans la vallée en début d’après midi, je fais une sieste, juste quelques minutes en m’arrêtant autour de 30 minutes. Je suis à nouveau seul depuis un moment, mais cela ne me gêne pas du tout. Je focalise sur le dernier obstacle….le Stelvio (25 km à 7.5 % avec les 20 derniers km à 8.1%) un monstre. 48 virages à épingle à cheveux. Le col le plus photographié au monde. Une légende. Je le connais je l’ai déjà monté en 2021 par le même versant, par Prato, en 1h56 ( segment strava de 23.6 km à 8.2% ), là je le monterai vraiment moins vite. Je prends conscience de ma fatigue, mes douleurs au périnée m’handicape et me font douter. Alors je me construis une visualisation avec des segments à atteindre. Pas de stress juste focucer sur le prochain marqueur, un seul marqueur …. Pas la montagne… . Premier marqueur atteindre le village de trafoi situé après 7 km, puis focucer sur les nombres de virage bien signalisés en compte à rebours, le deuxième marqueur est d’arriver à un 30 virages à faire sur les 48, puis 15 et le haut. Je me libère l’esprit aussi en me disant qu’en plan B, si je n’arrive pas à franchir le dernier obstacle, je trouverai bien un endroit pour dormir à Trafoi ou au plre à Prato en bas du col, avant de repartir le lendemain matin. En fait en toutes circonstances, mon esprit est convaincu que je finis soit ce soir soit demain si je n’arrive pas à finir ma montée. N’oublions pas que notre sport demande une force mentale constante, à nous de la nourrir et de la protéger.
Armé de cette stratégie mentale, j’aborde la montée, et je me surprends, je passe le premier marqueur sans trop de difficulté, je ne vais pas vite, mais évidemment peu importe, je reste concentrer et je me dis que le plan B ne se mettra pas à exécution. C’est quand même super encourageant, dans ma tête, je célèbre cette première victoire d’arriver au premier 7 km à Trafoi. Par la suite les prermiers 2 virages arrivent, je me dis qu’il m’en reste 16 pour arriver aux 30 à faire. Mais entre le 46 et le 45 ème virage, la distance est longue et l’inclinaison devient bien forte. Je reste concentré, soudain apparait le 45 ème puis d’autres virages suivent, je reprends le dessus moralement, je me suis arrêté un peu après Trafoi (une façon de célébrer ma première victoire) je ferai à 2 ou 3 autres arrêts d’ici le haut du col. Mentalement le col est exigeant, bien sur qu’il est long et pentu, mais au niveau des yeux, il est aussi destructeur, après le 30 ème virage on aperçoit le haut et on a l’impression que l’on est en bas du falaise que l’on doit gravir. Une vraie falaise ou serpente les 18 derniers virages, décourageant. Je me distrais l’esprit en me concentrant sur le prochain virage et ainsi de suite. Je rattrape 2 cyclistes dans la montée, je ne dois donc pas être lent, enfin le haut fait en 3 h04 incluant 15 minutes d’arrêt ….. Pas la même chose qu’en 2021, mais super content.
Me reste la descente pour finir cet Alpi, il fait nuit, j’allume les lumières et après quelques km je m’arrête pour m’habiller chaudement, la température descends à 11 degrés, je reste très concentré, ce n’est pas le moment de faire une faute de trajectoire. J’ai froid quand même, malgré toutes les couches de vêtement, enfin j’arrive à Bormio après 55 minutes de descente, faite prudemment. Le moment de me réjouir et de ressentir une belle fierté de cet accomplissement.
Total :1316.96 km 71h03mn de déplacement-22029 m D+
Seulement 221 cyclistes ont terminé sur 400 au départ, et je finis en 111h36 en 56 ‑ème position.
Prendre note que la meilleur temps a été fait en 84h51 par l’Autrichien Peter Kneidinger suivi de Ian Mc Bride en 87h 27 ( Il avait été le seul à parcourir la totalité de LEL 2025) et que 12 cyclistes ont fini en moins de 100 heures. Pour moi, c’est mon Graal . Je reviens après une année et demi d’obstacle (Chutes et Santé). Je me dis …. I’m back…. Yes
Récupération :
Je dois dire que c’est bien un défi pour moi, mes soucis d’insomnie sont revenus au galop. Mon rythme cardiaque au repos ainsi la variabilité de la fréquence cardiaque sont pourtant rapidement revenu à la normal, mais je me sens fatigué même encore 5 semaines après la fin de l’évènement. Pour ne rien arranger, ma rhinite chronique me fait des siennes depuis mon retour. Je ne fais pas de sur-entrainement, mes marqueurs sont bons et mon cœur monte et redescent bien normalement, mais il se peut qu’une activité hormonale continue de sécréter du cortisol empêchant mon systéme para-sympatique de revenir à une activité normale. J’ai fait un prélèvement sanguin la semaine passée, j’attends les résultats. Et….. la semaine prochaine je repars pour l’Espagne pour participer au Madrid Gijon Madrid 1200 qui démarrera le 18 aout… A suivre ….