
Publié le
L’importance d’une bonne selle (ou : ton derrière va vite te rappeler qui décide vraiment)
17 juillet par Michel Jean
Récemment le 200 km du Nordet nous a offert des conditions parfaites : chaud mais pas trop humide, avec un vent de face/de côté juste assez rafraîchissant dans les côtes. Mais pour moi, le vrai « moment fort » est venu d’un truc auquel on ne pense jamais… jusqu’à ce que ça devienne la seule chose à laquelle tu penses. Ma selle habituelle était enfin arrivée, et enfin je roulais sur une selle super confortable.
La petite histoire : ma saga de selle
Le 20 juin, j’étais super motivé pour faire le 600 km du Solstice. Quelques jours avant le départ, je découvre que ma selle est brisée. Pas les rails, non. Le dessous en plastique. La partie qu’on ne regarde jamais parce qu’on assume qu’elle va durer jusqu’à la fin des temps.
Avec le recul, j’aurais dû voir venir le problème pendant le 400 km en Ontario, quand j’ai senti un inconfort inhabituel. Mais bon… le déni, c’est un outil cycliste sous-estimé.
Puis, le mercredi avant le Solstice, ma selle de triathlon (celle avec deux « fourches » et pas de nez) a officiellement rendu l’âme. Le côté droit a chuté d’un bon centimètre. Du coup, je roulais sur une espèce de balançoire asymétrique.
J’ai appelé toutes les boutiques de Montréal. Rien. Mon fournisseur habituel ne pouvait pas me livrer à temps. Pour ne pas être un no-show au 600, j’ai installé une selle Trek 3D haut de gamme. Après 70 km : nope. Alors j’ai acheté une Fizik 3D haut de gamme, similaire à celle de Michel L. Après 70 km de plus : mieux, mais pas « 600 km mieux ».
Pas d’autre option : c’est avec ça que je suis parti à 4 h du matin samedi.
Et comme la détresse rend créatif, j’ai découpé une couche de gel maison vendredi soir pour la fixée avec du tape de hockey au besoin. Oui, du tape de hockey. Quand t’es désespéré, tu fais ce que tu dois faire.
La ride : une comédie d’erreurs (et de douleur)
Samedi, 3 h du matin. Je pars de chez nous. L’inconfort accumulé des deux selles testées dans les derniers jours se faisait déjà sentir. J’ai arrêté, et tapé le gel sur la Fizik, puis continué jusqu’au départ. Ça aidait… un peu.
Au premier contrôle, le gel glissait partout comme un enfant sur un plancher ciré. Je l’ai enlevé et j’ai mis un cuissard avec chamois (que je n’utilise jamais, mais que j’avais traîné « au cas où »).
Au deuxième contrôle, disons que mon périnée commençait à exprimer son mécontentement de façon très claire.
J’ai arrêté plusieurs fois pour ajuster la selle avec une clé Allen, mais quand t’as mal, c’est impossible de savoir si tu améliores la situation ou si tu l’empires. C’est comme essayer d’accorder un violon pendant que quelqu’un te frappe avec.
Après le deuxième contrôle, j’ai essayé un Advil. Trente minutes plus tard : rien. À 250 km, l’idée de faire encore 40 000 coups de pédale, chacun envoyant un « ouch, ouch, ouch » bien senti directement au cerveau, a réglé la question : j’allais arrêter à Québec.
Pour moi, le plaisir de rouler est plus important que de compléter un brevet. Et crois-moi, le plaisir avait quitté le bâtiment.
Après le troisième contrôle, j’ai salué Christine T. et je me suis remonté le moral en allant voir mon pont préféré : le pont de Québec. Quel chef‑d’œuvre, surtout quand tu prends le temps d’arrêté sur la structure et de l’admirer sous plusieurs angles. Ensuite, j’ai roulé jusqu’au terminus de la Base-Ville, parce que la vélo piste Champlain le long du fleuve est magnifique et remplie d’œuvres inspirantes. Tant qu’à souffrir, aussi bien souffrir dans un beau décor.
Morale de l’histoire
- Aie toujours une selle de rechange (idéalement déjà rodée).
- Ne fais jamais plus de 200 km avec une selle que tu n’as jamais testée.
P.S. : Les dégâts
Ça m’a pris trois semaines pour que les bleus au derrière disparaissent. Mais une fois ma ISM PR 3.0 réinstallée, le plaisir est revenu. J’en ai même acheté une deuxième pour la garder en réserve.
Autre erreur : j’ai laissé la boutique jeter ma selle brisée. Comme les selles ISM se montent plus en arrière que les selles traditionnelles, j’ai perdu mon réglage exact avant-arrière. Quand j’ai finalement reçu la nouvelle, je n’avais plus de référence. Après 800 km de micro-ajustements, je suis presque revenu au point parfait.
Autre morale : note tes réglages de selle. Les millimètres comptent. Hauteur, angle, position sur les rails. Tout.
Une note sur les selles et la “santé masculine”
Pendant des décennies, ma selle préférée était la Brooks Swift. Une fois rodée (après quelques milliers de km), elle était très confortable. Mais un jour, à une crèmerie près du Lac Placid, j’ai rencontré un gars qui s’entraînait pour le Ironman. Il avait une selle sans nez, je n’avais jamais vu ça avant.
Il m’a expliqué qu’il souffrait de « numb-balls = paquet engourdi » pendant les longues périodes en position aéro. Alléluia. Parce que malgré mes Brooks, moi aussi ils devenaient engourdis et je devais me lever souvent pour assurer que le sang circule. Comme tous les hommes le savent : faut que ça reste en santé là-bas.
J’ai commandé la même selle en arrivant chez nous. Je n’ai jamais regardé en arrière. Je ne porte pas de cuissard rembourré, et peu importe la distance avec ma ISM PR 3.0: plus jamais d’engourdissement.
Si quelqu’un veut essayer une selle…
J’ai deux selles haut de gamme que je n’utiliserai plus jamais. Si quelqu’un du club veut les essayer, faites-moi signe. Et comme j’ai une ISM PR 3.0 de rechange, vous pouvez aussi l’essayer.
Fizik 3D Transiro 135 mm …… Trek Aeolus Elite Airloom 145 mm 3D
IMS PR3.0 145mm
Le Gel du Désespoir !!!