L’importance d’une bonne selle — Récit du brevet de 200 km Nordet du 4 juillet 2026 par Michel Jean

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L’importance d’une bonne selle (ou : ton der­rière va vite te rap­pel­er qui décide vrai­ment)

17 juil­let par Michel Jean

Récem­ment le 200 km du Nordet nous a offert des con­di­tions par­faites : chaud mais pas trop humide, avec un vent de face/de côté juste assez rafraîchissant dans les côtes. Mais pour moi, le vrai « moment fort » est venu d’un truc auquel on ne pense jamais… jusqu’à ce que ça devi­enne la seule chose à laque­lle tu pens­es. Ma selle habituelle était enfin arrivée, et enfin je roulais sur une selle super con­fort­able.

La petite his­toire : ma saga de selle

Le 20 juin, j’étais super motivé pour faire le 600 km du Sol­stice. Quelques jours avant le départ, je décou­vre que ma selle est brisée. Pas les rails, non. Le dessous en plas­tique. La par­tie qu’on ne regarde jamais parce qu’on assume qu’elle va dur­er jusqu’à la fin des temps.

Avec le recul, j’aurais dû voir venir le prob­lème pen­dant le 400 km en Ontario, quand j’ai sen­ti un incon­fort inhab­ituel. Mais bon… le déni, c’est un out­il cycliste sous-estimé.

Puis, le mer­cre­di avant le Sol­stice, ma selle de triathlon (celle avec deux « fourch­es » et pas de nez) a offi­cielle­ment ren­du l’âme. Le côté droit a chuté d’un bon cen­timètre. Du coup, je roulais sur une espèce de bal­ançoire asymétrique.

J’ai appelé toutes les bou­tiques de Mon­tréal. Rien. Mon four­nisseur habituel ne pou­vait pas me livr­er à temps. Pour ne pas être un no-show au 600, j’ai instal­lé une selle Trek 3D haut de gamme. Après 70 km : nope. Alors j’ai acheté une Fizik 3D haut de gamme, sim­i­laire à celle de Michel L. Après 70 km de plus : mieux, mais pas « 600 km mieux ».

Pas d’autre option : c’est avec ça que je suis par­ti à 4 h du matin same­di.

Et comme la détresse rend créatif, j’ai découpé une couche de gel mai­son ven­dre­di soir pour la fixée avec du tape de hock­ey au besoin. Oui, du tape de hock­ey. Quand t’es dés­espéré, tu fais ce que tu dois faire.

La ride : une comédie d’erreurs (et de douleur)

Same­di, 3 h du matin. Je pars de chez nous. L’inconfort accu­mulé des deux sell­es testées dans les derniers jours se fai­sait déjà sen­tir. J’ai arrêté, et tapé le gel sur la Fizik, puis con­tin­ué jusqu’au départ. Ça aidait… un peu.

Au pre­mier con­trôle, le gel glis­sait partout comme un enfant sur un planch­er ciré. Je l’ai enlevé et j’ai mis un cuis­sard avec chamois (que je n’utilise jamais, mais que j’avais traîné « au cas où »).

Au deux­ième con­trôle, dis­ons que mon périnée com­mençait à exprimer son mécon­tente­ment de façon très claire.

J’ai arrêté plusieurs fois pour ajuster la selle avec une clé Allen, mais quand t’as mal, c’est impos­si­ble de savoir si tu améliores la sit­u­a­tion ou si tu l’empires. C’est comme essay­er d’accorder un vio­lon pen­dant que quelqu’un te frappe avec.

Après le deux­ième con­trôle, j’ai essayé un Advil. Trente min­utes plus tard : rien. À 250 km, l’idée de faire encore 40 000 coups de pédale,  cha­cun envoy­ant un « ouch, ouch, ouch » bien sen­ti directe­ment au cerveau, a réglé la ques­tion : j’allais arrêter à Québec.

Pour moi, le plaisir de rouler est plus impor­tant que de com­pléter un brevet. Et crois-moi, le plaisir avait quit­té le bâti­ment.

Après le troisième con­trôle, j’ai salué Chris­tine T. et je me suis remon­té le moral en allant voir mon pont préféré : le pont de Québec. Quel chef‑d’œuvre, surtout quand tu prends le temps d’arrêté sur la struc­ture et de l’admirer sous plusieurs angles. Ensuite, j’ai roulé jusqu’au ter­mi­nus de la Base-Ville, parce que la vélo piste Cham­plain le long du fleuve est mag­nifique et rem­plie d’œuvres inspi­rantes. Tant qu’à souf­frir, aus­si bien souf­frir dans un beau décor.

Morale de l’histoire

  1. Aie tou­jours une selle de rechange (idéale­ment déjà rodée).
  2. Ne fais jamais plus de 200 km avec une selle que tu n’as jamais testée.

P.S. : Les dégâts

Ça m’a pris trois semaines pour que les bleus au der­rière dis­parais­sent. Mais une fois ma ISM PR 3.0 réin­stal­lée, le plaisir est revenu. J’en ai même acheté une deux­ième pour la garder en réserve.

Autre erreur : j’ai lais­sé la bou­tique jeter ma selle brisée. Comme les sell­es ISM se mon­tent plus en arrière que les sell­es tra­di­tion­nelles, j’ai per­du mon réglage exact avant-arrière. Quand j’ai finale­ment reçu la nou­velle, je n’avais plus de référence. Après 800 km de micro-ajuste­ments, je suis presque revenu au point par­fait.

Autre morale : note tes réglages de selle. Les mil­limètres comptent. Hau­teur, angle, posi­tion sur les rails. Tout.

Une note sur les sell­es et la “san­té mas­cu­line”

Pen­dant des décen­nies, ma selle préférée était la Brooks Swift. Une fois rodée (après quelques mil­liers de km), elle était très con­fort­able. Mais un jour, à une crèmerie près du Lac Placid, j’ai ren­con­tré un gars qui s’entraînait pour le Iron­man. Il avait une selle sans nez, je n’avais jamais vu ça avant.

Il m’a expliqué qu’il souf­frait de « numb-balls = paquet engour­di » pen­dant les longues péri­odes en posi­tion aéro. Alléluia. Parce que mal­gré mes Brooks, moi aus­si ils deve­naient engour­dis et je devais me lever sou­vent pour assur­er que le sang cir­cule. Comme tous les hommes le savent : faut que ça reste en san­té là-bas.

J’ai com­mandé la même selle en arrivant chez nous. Je n’ai jamais regardé en arrière. Je ne porte pas de cuis­sard rem­bour­ré, et peu importe la dis­tance avec ma ISM PR 3.0: plus jamais d’engourdissement.

Si quelqu’un veut essay­er une selle…

J’ai deux sell­es haut de gamme que je n’utiliserai plus jamais. Si quelqu’un du club veut les essay­er, faites-moi signe. Et comme j’ai une ISM PR 3.0 de rechange, vous pou­vez aus­si l’essayer.

Fizik 3D Tran­siro 135 mm …… Trek Aeo­lus Elite Air­loom 145 mm 3D

IMS PR3.0 145mm

Le Gel du Dés­espoir !!!